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Neurofeedback et acouphènes : moduler l’activité cérébrale pour mieux vivre avec les sifflements

Photo du rédacteur: nathalie6592
nathalie6592
14 oct.
5 min de lecture

Les acouphènes touchent de nombreuses personnes et peuvent prendre des formes très différentes : sifflements aigus, bourdonnements, grésillements ou encore sensation de bruit continu dans une ou deux oreilles. Pour certains, ils restent discrets et occasionnels. Pour d’autres, ils deviennent envahissants, perturbant le sommeil, la concentration, l’humeur et la vie sociale. Face à ce phénomène complexe, la recherche explore de nouvelles pistes de prise en charge. Parmi elles, le Neurofeedback et acouphènes suscitent aujourd’hui un intérêt croissant.


L’article consacré aux travaux de Nathalie Berger met en lumière une approche innovante : apprendre au cerveau à modifier certains de ses modes d’activité afin de réduire la gêne liée aux acouphènes. L’objectif n’est pas de faire disparaître miraculeusement un bruit perçu dans l’oreille, mais de mieux comprendre les mécanismes cérébraux impliqués et d’aider les personnes concernées à retrouver une qualité de vie plus sereine.


Les acouphènes, un phénomène fréquent et complexe


Les acouphènes concernent environ 14% de la population. Ils correspondent à la perception d’un son sans source sonore extérieure identifiable. Ils peuvent apparaître après une exposition au bruit, une baisse de l’audition, un traumatisme sonore, une infection, certains médicaments ou encore dans un contexte de stress et de fatigue. Dans de nombreux cas, aucune cause unique ne peut être clairement identifiée.


Le cerveau joue un rôle essentiel dans la manière dont les acouphènes sont vécus. Deux personnes peuvent percevoir un bruit comparable, mais l’une parvient à l’ignorer tandis que l’autre le ressent comme insupportable. Cette différence ne dépend pas seulement de l’intensité du son : elle est aussi liée à l’attention, aux émotions, au stress, au sommeil et à la façon dont le cerveau interprète ce signal.


Lorsque l’acouphène est associé à de l’anxiété, à une peur de l’aggravation ou à un état d’hypervigilance, il peut s’installer dans un cercle vicieux. Plus la personne surveille le bruit, plus celui-ci semble présent. Plus il est vécu comme une menace, plus le cerveau lui accorde de l’importance. C’est précisément sur cette interaction entre perception, attention et émotions que le Neurofeedback pourrait apporter un soutien.


Neurofeedback et acouphènes : de quoi parle-t-on ?


Le Neurofeedback est une méthode non invasive qui permet à une personne d’observer, en temps réel, certains aspects de son activité cérébrale. Grâce à des électrodes placées sur le cuir chevelu, l’activité électrique du cerveau est enregistrée par électroencéphalographie, ou EEG. Un logiciel traduit ensuite ces informations sous une forme simple : image, son, jeu, animation ou retour visuel.


Le principe est celui d’un entraînement progressif. Lorsqu’un certain type d’activité cérébrale souhaitée apparaît, la personne reçoit un signal positif immédiat. Peu à peu, son cerveau apprend à reproduire plus facilement ce fonctionnement. Il ne s’agit pas de contrôler volontairement chaque onde cérébrale, mais de favoriser un mécanisme d’apprentissage naturel, souvent comparé à un entraînement ou à une forme de rééducation.


Dans le cadre des acouphènes, les chercheurs s’intéressent notamment aux signatures cérébrales associées à une perception plus intense ou plus pénible des sons fantômes. Les études cherchent à identifier les rythmes neuronaux qui pourraient différencier les personnes fortement gênées de celles qui vivent plus facilement avec leurs acouphènes. Le Neurofeedback pourrait alors être utilisé pour aider à moduler ces activités cérébrales.


Une recherche menée à Zurich


Les travaux présentés s’inscrivent dans une recherche menée à l’Université de Zurich. Nathalie Berger s’intéresse à la façon dont les personnes souffrant d’acouphènes perçoivent et traitent les sons, ainsi qu’aux mécanismes cérébraux liés à cette expérience. Son projet étudie notamment les signaux mesurés par EEG et leur évolution au cours d’un entraînement par Neurofeedback.


L’ambition est de mieux comprendre pourquoi certains acouphènes deviennent particulièrement difficiles à supporter. L’étude examine aussi la possibilité de développer une approche personnalisée, adaptée au profil de chaque participant. Cette dimension est importante, car les acouphènes ne constituent pas une maladie unique : ils recouvrent des situations très variées, avec des causes, des symptômes et des niveaux de gêne différents.


Les chercheurs évaluent notamment si les changements observés dans l’activité cérébrale sont associés à une amélioration ressentie par les participants. Une diminution du stress, une meilleure capacité à détourner son attention du bruit, un sommeil plus réparateur ou une baisse de la détresse liée aux acouphènes peuvent représenter des progrès importants, même si le son ne disparaît pas complètement.


Le Neurofeedback peut-il soulager les acouphènes ?


Le Neurofeedback est une piste prometteuse, mais il faut rester prudent. Les recherches sur le Neurofeedback et acouphènes progressent, et les résultats doivent encore être consolidés par des études de plus grande ampleur. L’efficacité peut varier d’une personne à l’autre selon l’ancienneté des symptômes, leur cause, l’état auditif, le niveau de stress et les attentes de chacun.


Cette approche ne doit donc pas être présentée comme un traitement miracle. Elle pourrait toutefois devenir un outil complémentaire dans une prise en charge globale. Son intérêt réside notamment dans son caractère personnalisé et dans sa volonté d’agir sur la manière dont le cerveau traite le signal des acouphènes, plutôt que de se concentrer uniquement sur sa disparition.


Pour certaines personnes, mieux vivre avec les acouphènes signifie déjà retrouver du contrôle : pouvoir lire dans le calme, s’endormir plus facilement, participer à une conversation sans penser constamment au bruit ou réduire l’angoisse associée aux symptômes. Dans cette perspective, le Neurofeedback peut représenter une voie d’accompagnement intéressante à explorer avec des professionnels compétents.


Quelles prises en charge sont reconnues ?


Une consultation médicale reste essentielle lorsqu’un acouphène apparaît, change brutalement ou s’accompagne d’une baisse auditive, de vertiges, de douleurs, d’une sensation d’oreille bouchée ou de symptômes neurologiques. Un bilan auprès d’un médecin ORL permet notamment de rechercher une cause traitable et d’évaluer l’audition.


Les approches reconnues visent souvent à réduire la gêne et la souffrance plutôt qu’à promettre une disparition systématique des acouphènes. Parmi elles, on retrouve l’information et l’éducation thérapeutique, les thérapies cognitivo-comportementales, les stratégies de gestion du stress, les techniques de relaxation, le travail sur le sommeil et, lorsque cela est nécessaire, l’appareillage auditif.


Les thérapies cognitivo-comportementales peuvent aider à modifier les pensées et réactions qui entretiennent la détresse. Les aides auditives peuvent être utiles lorsqu’une perte d’audition est associée aux acouphènes. Un accompagnement psychologique peut également être précieux en cas d’anxiété, d’épuisement ou de baisse de moral. Le soutien doit toujours être adapté à la situation de la personne.


Une perspective porteuse d’espoir


Les acouphènes restent un domaine de recherche complexe, mais les avancées scientifiques offrent des raisons d’espérer. En explorant le lien entre cerveau, attention, émotions et perception sonore, les travaux sur le Neurofeedback ouvrent de nouvelles perspectives. Ils rappellent surtout que l’acouphène ne se résume pas à un bruit : c’est une expérience individuelle, influencée par le fonctionnement cérébral et le contexte de vie.


L’article de Nathalie Berger invite ainsi à découvrir une recherche qui place la personne au centre de l’accompagnement. Le Neurofeedback et acouphènes pourraient, à l’avenir, contribuer à des prises en charge plus fines, plus personnalisées et mieux adaptées aux besoins de chacun. Une lecture essentielle pour mieux comprendre cette approche, les enjeux de la recherche actuelle et les pistes qui se dessinent pour améliorer la qualité de vie des personnes concernées.


Prendre rendez-vous avec Nathalie Berger pour des séances de Neurofeedback pour soulager les acouphènes


Vous souffrez d’acouphènes et souhaitez mieux comprendre leur impact sur votre quotidien ? Ne restez pas seul face aux sifflements, bourdonnements ou troubles du sommeil qu’ils peuvent provoquer. Un accompagnement personnalisé peut vous aider à identifier les solutions les plus adaptées à votre situation et à retrouver progressivement plus de sérénité.


Je vous reçois dans mon cabinet à La Chaux-de-Fonds pour faire le point sur vos acouphènes, explorer les approches disponibles, telles que le Neurofeedback, et bénéficier d’une écoute attentive, adaptée à vos besoins. Chaque parcours est unique : le premier pas consiste souvent à en parler avec une professionnelle.

Article sur les acouphènes Le Temps du 30 janvier 2026

 
 
 

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